LE FONDATEUR
Le Père Eusèbe
(1916-1987)

Quelques pensées | Courte biographie du Père Eusèbe Ménard, o.f.m.
Ses écrits | Témoignages

Quelques pensées

« Les « mal aimés ». Des enfants à qui on a oublié de dire je t'aime. »

« La main du laïc qui soutient la main du prêtre soutient le monde. »

« Quel immense privilège nous avons de pouvoir aider les plus petits de ce monde. »

« Élargis ton regard et ton cœur; étends-les à tous les pays et à tous les peuples. »

« Ne demandons pas à Dieu de nous rendre heureux, mais utile; le bonheur suivra. »

« Ce que je sais de demain c'est que la Providence se lèvera avant le soleil. »

« La saveur du pain partagé n'a pas d'égal. »

« On ne peut rendre service à un autre sans se rendre à soi-même
un service encore plus grand. »

« Dieu ne demande pas le succès, mais l'effort. La Providence se chargera du reste. »

« Chaque geste que nous posons a une répercussion dans tout le cosmos. »


Courte biographie du Père Eusèbe Ménard, o.f.m.

Canadien et québécois, il naquit à East Broughton, dans la Beauce, le 6 janvier 1916, et reçut au baptême le prénom d'Henri. Son père était un modeste cordonnier. Pour aider à subvenir aux besoins de sa famille de onze enfants (neuf garçons et deux filles), M. Ménard opérait un petit magasin de chaussures attenant à sa boutique et à la maison familiale. Le tout était situé à deux pas d'une mine d'amiante laquelle employait le gros de la main d'oeuvre locale.

Le jeune Henri fréquenta l'école élémentaire du village. Certains de ses frères aînés avaient commencé des études secondaires à l'extérieur. Lui risquait fort de ne pouvoir continuer plus loin ses études parce que sa famille était incapable d'y subvenir financièrement.

Providentiellement, le Chanoine Bernier, fondateur du premier séminaire de vocations tardives au Canada, le Séminaire de St-Victor de Beauce, vint faire une visite de recrutement à East Broughton. Sans hésitation et sans doute éclairé, le Chanoine Bernier décida d'accepter à son séminaire de vocations tardives cet adolescent de quatorze ans qui compensait si largement par d'autres qualités, ses défauts d'être trop jeune et dépourvu de ressources financières.

Après six années d'études à St-Victor, il entrait chez les prêtres des Missions Etrangères à Pont-Viau. Il ne devait toutefois y demeurer qu'une année car, si le but des missions était véritablement le sien, l'esprit qu'il cherchait était celui de François d'Assises. C'est donc à la porte des Franciscains qu'il allait frapper et où il fut accueilli immédiatement. C'est là qu'on lui donna le nom d'Eusèbe comme nom de religion. Il y fit ses études théologiques et fut ordonné prêtre à l'automne 1941. Il poursuivit ensuite des études en sociologie à l'Université de Montréal jusqu'en 1943.

Constatant ses aptitudes pour l'art oratoire, ses supérieurs le nommèrent prédicateur à la Maison de retraites des Franciscains à Châteauguay, près de Montréal, où il devait demeurer trois ans. Il ne tarda pas à faire sa marque non seulement par son éloquence mais encore par l'actualité du message évangélique qu'il délivrait.

En 1945, un homme d'affaires et contracteur de Montréal, Hector Durand, après avoir suivi une retraite du Père Ménard, vint offrir à ce dernier son apport financier pour aider une oeuvre déjà existante ou à établir dans l'Église. C'était le commencement d'une collaboration qui dura plus de vingt-cinq années entre ce prêtre et ce laïc et dont on pourrait difficilement trouver ailleurs l'équivalent.

C'était surtout la fondation progressive des Saints-Apôtres, d'abord au Canada jusqu'en 1962, puis ensuite à l'étranger avec le départ providentiel du Père Eusèbe. Ce n'est pourtant qu'avec sa mort survenue en 1972, que M. Durand interrompait son travail apostolique sur terre après y avoir laissé avec tant de générosité sa fortune, son travail et sa vie.

Depuis 1962, le Père Ménard a oeuvré surtout aux États-Unis et en Amérique latine où il a continué avec autant de zèle son oeuvre pour la formation de vocations sacerdotales d'adultes et pour la promotion des engagements chrétiens chez les laïcs.

Pendant que son oeuvre fondée au Canada s'est répandue jusqu'en Afrique, lui a établi des maisons aux États-Unis, au Pérou, en Colombie et au Brésil.

Le Père Eusèbe Ménard est décédé à Montréal, Canada, le 26 mars 1987.

Pour en savoir plus, lire :
Paul Longpré, Eusèbe-Henri Ménard, un vrai fils de François, Éditions Fides, Montréal, 2000 (réimpression 2003), 108 pp.

 


Ses écrits

  • Testament spirituel du Père Eusèbe-Henri Ménard, Missionnaires des Saints Apôtres, Montréal, 2006, 92pp.
  • La révolution de l’amour, Fondation Père Eusèbe Ménard, Montréal, 1985, 80pp.

À toute heure... à tout âge... le Christ appelle à le suivre
L'Ombre au cadran solaire peut défiler les heures… c'est toujours temps d'embauche et d'appel.

Le temps des vendanges était venu... et les grappes mûres, toutes gonflées de nectar et de soleil, attendaient de jour en jour, au risque de se perdre, de se déssécher ou de pourrir, les vignerons qui les recueilleraient pour les emmener vers les celliers d'abondance.

Le Maître dit Domaine le savait et y veillait...

Ce matin-là il sortit dès l'aurore pour embaucher des vendangeurs. Sur la grand'place de la ville il trouva des journaliers venus tout exprès pour le temps des vendanges. Il convint avec eux d'un salaire, soit une pièce d'argent, et les envoya à son vignoble.

Comme ces premiers embauchés n'y suffisaient pas, il repassa vers 9 heures du matin, trouva des hommes sans travail et leur dit " Allez vous aussi à mon vignoble et vous aurez un salaire équitable, compte tenu de vos heures de peine à l'ouvrage ".

Mais la récolte s'annonçait si abondante qu'elle demandait de nouveaux bras... Vers midi et plus tard encore vers 3 heures de l'après-midi le Maître du Domaine revint au lieu d'embauche... Il était sûr de trouver les ouvriers nécessaires. En effet, quand il avait planté sa vigne il savait que les vignerons ne manqueraient pas dans le pays; sinon il n'aurait jamais entrepris une aussi vaste mise en culture. Il trouva donc de nouveau des gens tout disposés à partir au travail et les envoya à ses vendanges.

Cependant le jour s'avançait... Et sans doute quelque orage de grêle menaçait ou une nuée de sauterelles dévastatrices s'annonçait... Il fallait à tout prix qu'avant la nuit toute la récolte fût à l'abri dans les celliers.

L'ombre au cadran solaire marquait 5 heures du soir quand le Maître du Vignoble revint sur la grand'place et trouva des hommes inoccupés :

" Comment se fait-il que vous restiez là toute la journée à ne rien faire ?

- C'est que personne ne nous a embauchés... "

Etait-ce par timidité qu'ils ne s'étaient pas proposés ?... se croyaient-ils incapables de faire de bons vendangeurs ou n'y avaient-ils pas songé ? ...

Le Maître, lui, en connaisseur d'hommes, en jugea autrement :

" Allez, vous aussi, à ma Vigne ! "

Répondant à son appel et malgré l'heure tardive, les voilà qui partent en toute hâte à la cueillette des raisins mûrs...

La journée terminée, le Maître du Vignoble dit à son régisseur : " Appelle les vendangeurs et règle-leur le salaire convenu en commençant par les derniers venus ".

Les derniers embauchés reçoivent une pièce d'argent, tout comme ceux qui ont travaillé depuis l'aurore. Ceux-ci seraient facilement un peu jaloux. Mais le Maître a une autre façon de voir les choses. Pour lui ce qui compte c'est la récolte rentrée dans ses celliers sans que rien ou presque soit perdu. Il est satisfait et il veut que tous ceux qui ont participé au salut de la récolte prennent part à sa joie... qu'ils aient plus ou moins longtemps peiné au grand soleil, qu'ils aient montré un meilleur savoir-faire ou une plus grande ardeur de dernière heure...

Pensez donc... On avait eu de telles craintes... Mais, parce que tous ont répondu à l'appel, toute la vendange, ce soir, remplit les cuves dans les vastes celliers. Tous sont conviés aux mêmes réjouissances... Comme il sera bon et débordant le Vin des Noces du Royaume !...

Ami qui lis ces lignes, c'est peut-être toi que le Maître du Vignoble de l'Humanité veut rencontrer sur la place d'embauche à une heure ou l'autre... disons à un âge ou l'autre, à ton âge à toi qui a déjà passé sur terre quelque 17, ... 18, ... 25, ... 30 années ou davantage.

En parcourant les pages qui vont suivre, peut-être percevras-tu un appel, ... peut-être l'appel déjà entendu se précisera-t-il davantage...

Ne ferme pas ton coeur... ne te durcis pas en repoussant ce livre comme gêneur, sans en avoir au moins parcouru quelques pages... Ne laisse pas passer l'occasion de répondre : " Si vraiment vous voulez de moi, Seigneur, je suis prêt à vous suivre ".

Si Dieu a permis que la Terre porte, en notre temps, plus de 3 milliards d'êtres humains, sois bien sûr qu'Il a prévu en proportion l'appel d'au moins 1 million d'apôtres et de prêtres... Tu es peut-être dans ce nombre...

La moisson des âmes attend... La vendange des hommes est là qui risque de se perdre, faute de vignerons, comme les grappes de raisin mûr sur les coteaux.


LE FONDATEUR: Témoignages
Le Prêtre

Par le Père Yvon Archambault, M.S.A.

Dès le début de son ministère sacerdotal, le jeune père franciscain, Eusèbe, rempli de la Parole de Dieu, fut non seulement un prédicateur éloquent et ardent, mais aussi un apôtre convaincu de sorte que les actes accompagnaient la parole.

Son amour du sacerdoce, sa grande estime du prêtre n'ont fait que toucher le coeur de ses retraitants qui repartaient convertis pour les uns et interpellés pour les autres.

Le Père Eusèbe a été un prêtre heureux parce qu'il louait toujours, à travers son ministère sacerdotal, le Seigneur: "Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ: Il nous a bénis de toute bénédiction Spirituelle dans les cieux en Christ." (Éph. 1,3).

Les longs moments passés dans la prière, l'ont amené à vivre une intimité avec le Seigneur pour découvrir la grandeur du prêtre et aussi l'urgence de donner des prêtres à l'Église, spécialement là où les besoins étaient les plus grands.

Un tel apostolat doit se nourrir du Pain Eucharistique et de la Parole de Dieu longuement priée.

"Je suis la vigne, vous êtes les sarments: celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là produira du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire." (Jean 15,5).